L'espace Méditerranéen : cadre géographique idéal pour la définition d'une politique de développement durable au niveau mondial ?

Publié le par Sahar@Green

Les évènements décrits dans la presse ces derniers mois rappellent qu’il est urgent de mettre en place une politique de développement durable au niveau mondial.Aussi, une initiative essentielle a été lancé à l’échelle mondiale : le concept d’Agenda21, dont les résultats des initiatives territoriales locales peuvent alimenter la conception d’une politique globale. 

Et pour initier cette stratégie globale, le bassin méditerranéen, constitue un terrain d’analyse et d’expérimentation approprié puisqu’il abrite un écosystème complet, et donc un territoire où peuvent être élaborées et testées des politiques de développement durable qui pourront être ensuite transposées à l’échelle de la planète.

L’ «Union Pour la Méditerranée» aurait pu suffire pour définir et mettre en œuvre une politique méditerranéenne de développement durable. Mais elle s’est transformée en « Secrétariat de l’Union Pour la Méditerranée ». Et il reste encore à construire une coopération multilatérale novatrice et durable pour bâtir un avenir forcément commun à l’Union Européenne, au bassin méditerranéen, et à l’Afrique sub-saharienne. 

Parallèlement, des initiatives privées impulsées par des états de l’UE, l’Allemagne pour DESERTEC, et la France pour MedGrid, semblent se faire concurrence. Les responsables de ces initiatives ont bien tenté de corriger la perception qu’en avaient les parties prenantes des deux rives, mais la pente reste difficile à remonter car les détracteurs avaient déjà fait leur travail. Pour certains il s’agissait de projets néo-colonialistes, alors que pour d’autres l’UE allaient perdre son indépendance énergétique. Ces projets semblaient trop focalisés sur les problèmes de l’UE et ne donnaient pas l’impression de s’inscrire dans une logique de coopération transméditerranéenne durable. 

C’est en se fondant sur ces convictions que nos initiatives Sahara Green, Euromed GEI (Euromed Green Economy Initiative), et Robotica Green, visent à orienter une alternative d’avenir en terme de coopération transméditerranéenne qui réponde aux enjeux des deux rives.

Ces initiatives, rentrent dans le cadre de la mission de l'OMDD (Observatoire Méditerranéen du Développement Durable), dont les différentes analyses ont rendu compte de:

- la situation de la coopération transméditerranéenne en matière de développement durable,

- l’importance géostratégique du bassin méditerranéen et de l’Afrique Sub-Saharienne pour la survie de l’Europe face à des géants tels que la Chine par exemple.

L'un des premiers objectifs, était de poser le contexte de la problématique du développement durable en Méditerranée, et de faire le constat des enjeux géostratégiques de l’espace Euro-méditerranéen. Ce diagnostic a été réalisé à partir d’une étude bibliographique, et de l’analyse qualitative du point de vue de parties intéressées, réalisée à partir d’interviews, de discussions autour de tables rondes professionnelles, de réponses à des questions posées lors de forums spécialisés, et de données extraites des questionnaires de type 2.0 et mis en ligne pour l'occasion. Cette recherche a porté sur les thèmes de la construction de l’Union Pour la Méditerranée, de la coopération territoriale ou industrielle transméditerranéenne, des politiques nationales environnementales et énergétiques en vigueur.

Ensuite, l'étude réalisée par l'OMDD, a été consacrée à l’exploration des voies de la coopération transméditerranéenne. L’objectif étant de présenter une analyse critique du traitement actuel des enjeux, risques et opportunités de l’espace Euro-méditerranéen, et de proposer des pistes d’amélioration en matière de gouvernance territoriale, de coopération, de communication, et de politique participative, pour la construction d’une stratégie de développement durable méditerranéenne.

Enfin, l’analyse du cas concret de la coopération énergétique, en particulier l’opportunité d’utiliser l’énergie solaire du Sahara pour répondre aux enjeux qui intéressent les deux rives de la Méditerranée, a apporté un regard sur les limites des initiatives actuelles, en terme de communication, de prise en compte des parties prenantes, et de politique de développement durable.

Nous proposons donc des pistes d’amélioration qui mettent en avant les bénéfices que cette coopération peut apporter aux deux rives de la Méditerranée, afin de gagner l’adhésion de toutes les parties intéressées.

Cette étude a abouti à la confirmation de la nécessité d'un nouveau concept (Sahara Green) qui réponde de façon globale aux défis humains, environnementaux, et économiques de la Méditerranée.

 

HADROUG Nasser

SaharaGreen & OMDD

Union for the Mediterranean, « The Secretariat of the Union for the Mediterranean », <http://www.ufmsecretariat.org>, 2011

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