Desertec : l’Algérie dans la boucle

Publié le par Sahar@Green

Desertec : l’Algérie dans la boucle

Le consortium allemand DII (Desertec Industrial Initiative) et la compagnie Sonelgaz ont signé un accord la semaine dernière en vue du déploiement du projet Desertec en Algérie.

 

Un article de Guillaume Duhamel, Zegreenweb

  Desertec : l'Algérie dans la boucle 

Un peu plus d'un mois après l'annonce par le consortium allemand DII (Desertec Industrial Initiative) (NDLR : qui regroupe le réassureur Munich Re, la Deutsche Bank et les électriciens E.ON et RWE) du lancement dès l'an prochain au Maroc du faramineux projet Desertec, c'est au tour de l'Algérie d'entrer dans la danse. DII et la compagnie algérienne Sonelgaz ont en effet signé un accord de coopération la semaine dernière à Bruxelles (Belgique).

 
Celui-ci porte sur des échanges d'expertises techniques, sur la promotion de partenariats industriels et sur une convergence des actions à mener en vue de développer le marché. Il fait par ailleurs suite à d'autres alliances conclues dans un passé récent avec MedGrid (projet d'initiative française de réseau électrique sud-saharien) et Les Énergies Renouvelables, filiale de la compagnie tunisienne du gaz et de l'électricité, et consacre la participation du pays à ce dessein qui, rappelons-le, pourrait s'étendre jusqu'à la Syrie et l'Arabie Saoudite afin de fournir 15 % des besoins en électricité du Vieux Continent d'ici 2050. Évalué à quatre cents milliards d'euros au total (!), déjà appuyé par les pouvoirs publics allemands et l'Observatoire méditerranéen de l'Énergie (OME), à la fois solaire et éolien, il doit en outre générer une économie annuelle de trois millions sept cent mille tonnes de CO2 et par là-même servir concomitamment la lutte contre le réchauffement climatique, qui augure de bouleversements profonds dans le Maghreb.

Vu d'un mauvais oeil par certaines associations de protection de l'environnement pour qui il s'apparente à une forme de « néo-colonialisme vert », il est au contraire synonyme d'un« avenir extrêmement brillant » pour les pays d'Afrique du Nord concernés - la Libye devrait être le prochain sur la liste, sans doute lorsque sa situation politique sera stabilisée - aux dires du PDG de DII Paul Van Son.


 

« Courant 2011, nous avons eu une réunion avec le ministre (algérien de l'Énergie) Youcef Yousfi, qui a salué notre expérience, nos liens industriels et notre vision générale du développement. Mais il a aussi dit : gardez à l'esprit que l'Algérie veut développer son énergie pour son propre avenir. C'est dans l'esprit de Desertec : nous voulons instaurer une coopération pour accélérer le processus qui amènera l'Algérie à être en mesure d'exporter de l'énergie et de l'électricité en Europe », a-t-il également relaté, rappelant que « les déserts d'Afrique du Nord et du Proche-Orient sont intrinsèquement les réservoirs d'énergie du monde ». 

L'Algérie - qui a aussi donné son accord à l'exploitation des gaz de schiste sur son territoire, lequel en abriterait plus de mille milliards de mètres cube  - paraît en avoir désormais bien conscience, elle qui, on l'a évoqué, projette de produire 40 % de son électricité à partir de sources renouvelables à l'horizon 2030, s'est déjà engagée à investir pour ce faire quinze milliards d'euros pour la période 2011-2021 et a inauguré cet été dans la région saharienne de Hassi R'Mel le tout premier complexe électrique hybride du pays. Celui-ci est même le tout premier du monde à combiner une matrice de miroirs paraboliques et une centrale à turbines à gaz.

Encore largement tributaire de son gaz naturel, le pays est cependant engagé sur la voie de la transition énergétique. L'entente scellée la semaine dernière en est une preuve supplémentaire.

Publié dans Solar Power

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